Quelle allocation d'actifs pour sécuriser un crédit lombard ?

Introduction

Le crédit lombard s’impose comme un outil de financement patrimonial de plus en plus utilisé par les investisseurs disposant d’un portefeuille financier conséquent. Flexible, rapide à mettre en place et souvent plus compétitif qu’un crédit classique, il permet d’obtenir des liquidités sans céder ses actifs.
Cependant, son bon fonctionnement repose sur un élément clé : la qualité et la structure de l’allocation d’actifs donnée en garantie. Une allocation mal adaptée peut fragiliser le crédit, augmenter les appels de marge ou conduire à des ventes forcées.
Alors, quelle allocation d’actifs privilégier pour sécuriser un crédit lombard sur le long terme ?

Rappel : le lien entre allocation d’actifs et crédit lombard

Le crédit lombard est un prêt garanti par des actifs financiers (actions, obligations, fonds, assurance-vie, etc.). La banque applique une quotité de financement, c’est-à-dire un pourcentage de la valeur du portefeuille qu’elle accepte de prêter.
Cette quotité dépend directement :

  • de la volatilité des actifs,

  • de leur liquidité,

  • de leur diversification,

  • de leur qualité de crédit.

Plus un portefeuille est stable et prévisible, plus le crédit est sécurisé, tant pour la banque que pour l’investisseur.

Les principes clés d’une allocation sécurisante

1. Réduire la volatilité globale du portefeuille

La priorité n’est pas la performance maximale, mais la stabilité de la valeur du collatéral.
Un portefeuille trop exposé aux marchés actions, en particulier aux actions cycliques ou technologiques, est plus vulnérable aux corrections brutales. Cela augmente le risque d’appel de marge en cas de baisse rapide des marchés.

On cherche donc une allocation capable d’absorber les chocs de marché sans dégradation excessive de la valeur globale.

2. Favoriser les actifs à forte valeur bancaire

Tous les actifs ne sont pas traités de la même manière par les établissements prêteurs.
De manière générale, les banques privilégient :

  • les obligations investment grade,

  • les fonds diversifiés bien notés,

  • les fonds monétaires,

  • les contrats d’assurance-vie avec des supports liquides,

  • les ETF larges et très liquides.

À l’inverse, les actifs concentrés, peu liquides ou complexes (private equity, small caps, produits exotiques) sont soit fortement décotés, soit exclus du périmètre de garantie.

3. Maintenir une diversification réelle

Une allocation sécurisante repose sur une diversification par classes d’actifs, zones géographiques et devises.
L’objectif est d’éviter qu’un choc spécifique (hausse des taux, crise sectorielle, événement géopolitique) n’impacte l’ensemble du portefeuille simultanément.

Une diversification efficace permet de :

  • stabiliser la valeur du collatéral,

  • améliorer les conditions de financement,

  • réduire la probabilité d’un appel de marge.

Quelle répartition d’actifs privilégier ?

Les obligations comme socle de stabilité

Les obligations jouent un rôle central dans la sécurisation d’un crédit lombard.
Les obligations d’États solides et les obligations d’entreprises bien notées offrent une volatilité plus faible et une meilleure lisibilité pour les banques. Elles constituent souvent la base du collatéral.

On privilégie :

  • des maturités raisonnables,

  • une bonne qualité de crédit,

  • une diversification émetteurs et devises.

Les actions, avec une approche mesurée

Les actions peuvent faire partie de l’allocation, mais dans une proportion maîtrisée.
Les banques valorisent davantage :

  • les grandes capitalisations,

  • les indices larges,

  • les ETF actions mondiaux,

  • les secteurs défensifs.

Une exposition trop forte aux actions accroît mécaniquement le risque de variation de la valeur du collatéral et peut limiter la capacité d’endettement.

Les fonds diversifiés et patrimoniaux

Les fonds multi-actifs, bien gérés et historiquement résilients, sont souvent appréciés dans un cadre lombard.
Ils offrent :

  • une diversification intégrée,

  • une gestion active du risque,

  • une volatilité généralement plus contenue qu’un portefeuille 100 % actions.

Ils constituent un bon compromis entre rendement potentiel et sécurité.

Le rôle spécifique de l’assurance-vie

L’assurance-vie est fréquemment utilisée comme support de crédit lombard.
Les contrats bien structurés, avec des unités de compte liquides et diversifiées, offrent un cadre fiscal et financier attractif.
Les fonds en euros et certains supports obligataires renforcent la stabilité globale du montage.

Ajuster l’allocation au cycle de marché

Une allocation sécurisante n’est pas figée. Elle doit évoluer en fonction :

  • du contexte macroéconomique,

  • des cycles de taux d’intérêt,

  • de la volatilité des marchés.

En période d’incertitude ou de tensions de marché, renforcer les actifs défensifs permet de préserver la valeur du collatéral.
À l’inverse, dans des phases plus favorables, une prise de risque mesurée peut être envisagée, à condition de conserver des marges de sécurité suffisantes.

L’importance d’une marge de sécurité

Même avec une allocation prudente, il est essentiel de ne pas utiliser la capacité maximale de financement.
Maintenir une marge de manœuvre entre la valeur du portefeuille et le montant emprunté permet :

  • d’absorber les fluctuations de marché,

  • d’éviter les ventes forcées,

  • de conserver une flexibilité patrimoniale.

Un crédit lombard bien structuré est avant tout un outil de gestion, pas un levier de surendettement.

Conclusion

Sécuriser un crédit lombard repose avant tout sur une allocation d’actifs cohérente, diversifiée et orientée vers la stabilité.
Obligations de qualité, fonds diversifiés, actions sélectionnées avec prudence et supports liquides constituent la base d’un collatéral robuste.
En intégrant une gestion active du risque et une marge de sécurité suffisante, le crédit lombard devient un véritable levier patrimonial au service d’une stratégie long terme maîtrisée.

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